La rivière Drôme

La reconnaissance de la rivière Drôme comme personne-non humaine

Il y a dix ans, l’association pour la protection de la rivière Drôme les Éclaireurs de Die et du Diois, en partenariat avec des collectifs d’artistes pour les droits de la Nature, ont annoncé la reconnaissance de la personnalité juridique et des droits à cette majestueuse rivière.

Cette déclaration, inscrite dans un courant qui considère que l’homme n’est plus le «maître » de la Nature, mais une espèce parmi d’autres, implique de reconnaître des valeurs et une dignité intrinsèque à la rivière Drôme, car elle devient dorénavant un sujet de droit.

Entre Vercors et Provence, la rivière Drôme prend sa source dans le Haut-Diois. Son parcours de 130 km est ponctué de sites remarquables comme le Claps de Luc, le vignoble Diois, la montagne de Glandasse, les Trois Becs, la Tour de Crest et enfin la Réserve Naturelle des Ramières, avant de rejoindre les eaux du Rhône…

Effectivement, cette rivière sauvage fait partie intégrante de la culture et de l’identité distinctive de cette communauté.

Première en France, la rivière Drôme qui a donné son nom au département de la Drôme, s’est vue attribuer par le biais des résolutions miroir, neufs droits :

1) Le droit de vivre, d’exister et de couler ;

2) le droit au respect de ses cycles naturels ;

3) le droit d’évoluer naturellement, d’être préservée et d’être protégée ;

4) le droit de maintenir sa biodiversité naturelle ; 

5) le droit de maintenir son intégrité ; 

6) le droit de remplir des fonctions essentielles au sein de son écosystème ; 

7) le droit d’être à l’abri de la pollution ; 

8) le droit à la régénération et à la restauration ; 

9) le droit d’ester en justice.

La reconnaissance de la rivière Drôme comme personne-non humaine, c’est aussi de donner à la vallée la possibilité de s’exprimer et de défendre ses intérêts à travers un système de représentation inter espèces.

Des textes de Christopher Stone de 1972 jusqu’à la déclaration des droits de la rivière Drôme en passant par la reconnaissance des fleuves au Canada, Nouvelle Zélande…, mettre en partage les grandes questions qui naissent de ce soulèvement légal de la nature, notamment en suivant le cas de la Drôme et de son bassin versant. Témoigner d’une évolution des représentations de la nature, dès lors que celle-ci devient sujet, personne, voix…

Déployer un récit : celui d’un soulèvement légal terrestre où une commission constituante se voit confier la charge d’accueillir les éléments de la nature (fleuves, lacs, rivières, forêts, vallées, océans…) dans nos enceintes de décision politique. Et si la rivière et ses divers éléments terrestres écrivaient une constitution ? Et si les entités naturelles, rivières, montagnes, forêts, océans, glaciers et sols… étaient, à force d’exploitation, de prédation, en voie d’inventer leur grammaire, exigeant leur représentation ?

Cette déclaration s’inscrit dans un mouvement mondial de changement de paradigme lequel propose une importante transformation dans les catégories d’objet et de sujet, faisant de la Nature non plus l’objet de la protection, mais le titulaire.

La reconnaissance des droits de la rivière serait une percée juridique révolutionnaire et novatrice qui indiquerait un profond désir de guérir notre relation endommagée avec le reste du monde naturel et une reconnaissance de l’importance d’intégrer les concepts de droit subjectif dans le système juridique

Voici l’histoire d’un soulèvement légal terrestre.

L’humanité est en échec face à la crise climatique. Rien n’est plus urgent — notre planète crie à l’aide. Notre rivière aussi!

Éclaireurs de Die et du Diois http://www.eclaireurs-eclaireuses-diois.sitew.com/Infos_pratiques.E.htm

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